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L’Année du rugby 2015 – N43 -

Prix TTC : 24.50 €

EAN : 9782702158166

Code Hachette : 1157166

Format : 225 x 280 mm

120 pages

Parution : 25 novembre 2015

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L’Année du rugby 2015 – N43

Pierre-Michel Bonnot

Illustré

Enfin, ils ont imposé leur marque noire sur la planète ovale. Jusqu'à cette édition angalise, la  Nouvelle-Zélande, c'était un peu "je t'aime, moi non plus" avec la Coupe du monde, l'éternel favori souvent surpris, la meilleure équipe plus d'une fois déçue. Elle avait bien conquis deux fois le trophée, mais c'était chez elle, dans son Eden Park, en 1987 comme en 2011. Cette fois, les All Blacks étaient là où tout le monde les attendait, seuls sur le toit du monde, dans une compétition qu'ils ont dominée avec éclat, joueurs quand on le leur permet, féroces quand il le faut, impitoyables, toujours.
Avec une génération incomparable qui tire là sa révérence internationale, des monstres désormais sacrés comme le capitaine Richie McCaw, le cerveau Dan Carer ou le monstrueux Ma'a Nonu, et de riches promesses, avec les jeunes Aaron Smith, Brodie Retallick ou Nehe Milner-Skudder, voilà la Nouvelle Zélande seule nation sacrée trois fois championne du monde. Et déjà lancée vers le Mondial 2019, au Japon, avec un temps d'avance sur tout le monde.
Ces All Blacks-là ont redéfini le rugby, et, dans leur sillage, on a vu de nombreuses équipes chercher à jouer, à se faire plaisir : l'australie, bien sûr, la finaliste malheureuse, elle aussi portée avec le grand large, l'Argentine, toujours plus vive, mais aussi ce surprenant Japon sans complexes, cette petite Namibie qui ose, cette vaillante Géorgie qui donne tout…
À l'opposé, pour la France, cette campagne aura été la pire depuis 1991, avec une sortie en quarts de finale. Elle aura surtout consacré quatre ans e'échecs, au cours desquels Philippe Saint-André et son staff ne sont pas parvenus à donner aux Bleus une identité, et souligné que le projet de jeu, établi dans l'urgence quelques mois avant la coupe du monde – une ode déplacée à la préparation physique, un hymne restrictif à la puissance – étaitt anachoronique. Avec, en point d'orgue, cette mémorable démission contre la Nouvelle-Zélande, où la France, dépassée, s'est laissé marcher dessus.
Reste que le rugby français, en cette année noire, possède toujours ses clubs pour retrouver un semblant de sourire. Car, encore une fois – la troisième consécutive -, Toulon a régné en maître sur la Coupe d'Europe. Le RCT et son modèle unique de stars chevronnées, rompues à toutes les victoires mais toujours portées vers l'excellence, ont eux aussi, dans leur genre, créé un nouveau standard.
Les Varois n'ont pu réitérer leur doublé de l'année précédente, mais, en enlevant le Top 14, le Stade Français a fait souffler un vent d'air frais sur le Brennus. Les hommes de Gonzalo Quesada ont lutté en phase régulière, pour devenir de plus en plus irrésistibles au fur et à mesure que le rendez-vous du Stade de France se rapprochait; En finale, ils ont fait la même victime que Toulon, clermont-Ferrand. Des Auvergnats présents sur tous les fronts, mais qui durent se contenter des places d'honneur, rappelant que, si le rugby mondial a consacré cette année un vainqueur charismatique, il peut aussi laisser vivre un perdant magnifique.

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